OSTEOPATHIE-AU-JAPON

Ostéopathie au Japon

Il existe un pays où le système de santé rembourse l’acupuncture et les rebouteux. Un pays attaché à ses traditions, mais qui accepte aussi de s’ouvrir au monde. Ce pays, c’est le japon.
Pour comprendre comment l’ostéopathie y trouve sa place, nous avons interrogé Akiyoshi
Shimomura, président d’une association et d’une école d’ostéopathie. hajimé* !

L’ostéopathie est aujourd’hui peu présente au Japon.
L’acupuncture et les rebouteux occupent le terrain de la médecine alternative. Le système d’assurance maladie japonais rembourse d’ailleurs les séances d’acupuncture si elles sont prescrites par un médecin. Dans le cas des séances de rebouteux et pour les blessures limitées, l’accord préalable du médecin n’est pas nécessaire. Des techniques de mobilisation proches de l’ostéopathie existent déjà au Japon. Elles ont été officialisées avec la création du judo (par Jigoro Kano en 1882). C’est un ensemble de techniques thérapeutiques de prise en charge des accidents de mobilité ostéo-articulaires liés à la pratique du judo (voir notre reportage Judo-thérapie : l’ostéopathie au pays du soleil levant, pages 33 à 35). La physiothérapie quant à elle était peu développée. Mais en quatre années, elle a connu une très forte progression. Le nombre de physiothérapeutes a été presque quadruplé en quatre ans pour atteindre le nombre de 100 000 professionnels.

L’ostéopathie a été révélée au Japon il y a environ 100 ans à travers un article de presse dans lequel une ostéopathe américaine faisait une démonstration à Tokyo. C’est la plus vieille information connue sur l’ostéopathie au Japon. Elle est aujourd’hui représentée par 7 organisations. La première a été créée en 1980 :
All Japan Ostopathy Association. Sa pratique est libre et ne nécessite pas d’autorisation particulière. Les patients ne perçoivent pas la spécificité de l’ostéopathie ni du mot Ostéopathie. Ils veulent juste « être mieux ». Du côté des professionnels de santé, moins de 1 % des physiothérapeutes connaissaient l’ostéopathie. Une association et une fondation pour développer l’ostéopathie
Pour contribuer à l’essor de l’ostéopathie au Japon, j’ai d’abord choisi de créer en 2008 une association professionnelle : leJOPA (1) (Japan Office Professional Alliance). Le JOPA compte aujourd’hui 240 membres, dont 3 médecins. Elle est la plus grande organisation d’ostéopathe indépendante du Japon. Ensuite, j’ai ouvert une école dédiée à l’ostéopathie : le JTOC (2) (Japanese Traditional Osteopathic College). Pour construire le programme de cours, j’ai assisté à de nombreux séminaires hors du Japon. Renzo Molinari, ostéopathe installé à Londres, est le président honoraire de cette école. Il nous a aidés à constituer une équipe internationale d’enseignants originaires d’Europe et des États-Unis. Le programme est divisé en quatre parties : une année consacrée aux sciences de base et de la santé, deux années précliniques, deux années cliniques et une année dédiée à des cours avancés et la recherche.

Le JTOC a officiellement conclu un accord académique avec l’A.T.Still University et le Kirksville College of Osteopathic Medicine (ATSU/KCOM). Cet accord, une première mondiale, permet à nos étudiants de suivre des cours en ligne et de réaliser un stage de dissection à Kirksville (États-Unis) avant d’obtenir leur diplôme. Cette 1re promotion du JTOC compte 34 étudiants sélectionnés sur examen. Notre objectif : construire un pôle d’excellence.

[su_box title= »Que dit l’OIA de l’ostéopathie au Japon ? » box_color= »#1866a5″]Selon un récent rapport commandé par l’OIA* (Osteopathic International Alliance) et présenté le 12 janvier 2014 lors de sa conférence annuelle à Austin (Texas), la profession d’ostéopathe est aujourd’hui établie dans plus de 50 pays. Le rapport compile des données provenant de diverses organisations internationales. Depuis le début du XXe siècle est-il précisé dans ce rapport, l’ostéopathie s’est développée dans des pays tels que le Japon, Israël, la Russie, l’Afrique du Sud, Singapour et le Brésil. Cependant, dans certains pays, elle y a juste pris pied à cause d’un manque de reconnaissance et/ ou d’encadrement de sa pratique. Après la seconde moitié du XXe siècle, par la mise en place de structures de régulation et une meilleure reconnaissance de l’ostéopathie au sein des systèmes de santé nationaux, des modèles de pratique ont été définis. Les soins ostéopathiques sont aujourd’hui délivrés sur tous les continents… sauf l’Antarctique. Si dans certains pays, il y a une absence totale de reconnaissance et de régulation. Sa pratique n’est pas pour autant inter- dite. Au contraire, elle y est entièrement libre. C’est le cas du Japon, mais aussi du Danemark, des Pays-Bas, de la Suède, de l’Irlande, de l’Autriche, de Chypre, de l’Espagne, de la Grèce, de la Croatie, d’Israël, etc. Parfois, des associations professionnelles sont créées pour tenir des listes professionnelles et tenter d’établir des normes de formation et de pratique. Ces initiatives sont volontaires et n’ont aucune base juridique. Selon la JOF** (Japan Osteopathic Federation), association membre de l’OIA, le Japon compte 275 ostéopathes, 0 médecin-ostéopathe et 500 000 habitants pour 1 ostéopathe. En France, le ROF (Registre des Ostéopathes de France) recense au mois de janvier 2014, 20134 professionnels utilisant le titre d’ostéopathe. Soit 3246 habitants pour 1 ostéopathe. Si comparaison n’est pas raison, cet écart reste impressionnant… * http://wp.oialliance.org/resources/oia-status-report ** http://osteopathy.gr.jp [/su_box]

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