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Le monde de l’ostéopathie face à la crise sanitaire


La pandémie de la COVID-19 frappe de plein fouet la planète au cours de cette année 2020. Osteomag a recueilli les témoignages de différents ostéopathes autour du globe sur la façon dont ils ont vécu cette crise inédite au XXIe siècle.  Comment s’organise l’ostéopathie dans le monde ? Focus. 

Par Sami Bouzid

L’année 2020 restera dans l’Histoire du XXIe siècle marquée par la pandémie de la COVID-19. Partout à travers le monde, les ostéopathes, comme les autres professions, ont dû composer avec des mesures de restrictions. Et si l’on doit dresser un premier constat de notre enquête, il pourrait se résumer en cette phrase : un monde avec le moral en berne.  C’est en tout cas le premier enseignement qui ressort quelque soit le pays ou nous avons pu parler Ostéopathie et COVID-19. Tunisie, Belgique, Malte, Canada, France, Suisse les praticiens sont unanimes « les gens sont anxieux et inquiets » comme le souligne Claude Echenne, ostéopathe qui exerce à Montréal.  

Mais avant de revenir sur les patients, posons d’abord un regard sur l’impact des mesures prises par les différents gouvernements. 

Des nouvelles conditions de travail et des soutiens variables 

Port du masque, gel hydroalcoolique, nettoyage entre chaque patient et aération des lieux sont des mesures communes que les pays cités plus haut ont mises en place. Elles entrent aujourd’hui dans une doctrine mondiale et sont devenues pour les praticiens des « gestes du quotidien » estime Ella Portiankan, qui exerce à Bruxelles. A ces gestes certains ont ajouté encore plus de prudence comme à Malte ou Anne Poulhies prend « la température des patients lorsqu’ils arrivent dans la clinique ». 

Les ostéopathes à travers le monde ont dû appliquer ces mesures, parfois avec des moyens très limités comme c’est le cas en Tunisie. Exerçant à la Goulette dans la métropole de Tunis, Hafsa Chiheb regrette le manque de moyens dans son pays : « ici c’est difficile de se procurer les gels et les masques, il vaut mieux connaître quelqu’un ». D’autant plus qu’en Tunisie, les pouvoirs publics apportent un soutien « très limité » renchérit le praticien. 

Autre ostéopathe, autre pays et toujours un soutien peu enthousiasmant. Simon Monnin est ostéopathe à Genève en Suisse.pour ce dernier « les aides n’étaient pas à la hauteur, j’en connais peu qui ont pu toucher une subvention » avant de nuancer « on a eu le droit tout de même à un prêt à taux 0 ». Suffisant ? « non !»  estime t-il.  “On a perdu près de 90% de notre chiffre d’affaires sur cette période »,  insiste l’ostéopathe.

En France, l’Etat a accordé 1 500 euros par mois de fermeture en compensation, 2 000 dollars par mois au Canada. Les avis divergent sur le soutien en France. « On peut s’estimer heureux » reconnaît Laurent Tort à Montpellier. Pour François Blanchard, installé a la Reunion, « un soutien pas à la hauteur, même si l’État ne peut pas tout faire ». 

Une pratique adaptée et des motifs de consultation qui évoluent

Pour la plupart des praticiens que nous avons pu interroger, les retours sur leur pratique ostéopathique sont les mêmes. Tous ont répondu réduire au maximum les techniques intra-buccale pour réduire les risques. N’ayant parfois pas le choix, elles sont employés avec encore plus de précautions. Au Canada, Claude Echenne ne lésine pas sur les moyens. « J’utilise un purificateur d’air et même du Vicks. De plus, je demande aux patients de ne retirer le masque qu’à moitié », déclare cette dernière. 

Parallèlement, l’ensemble du panel que nous avons pu interroger se retrouve sur deux points essentiels liés aux consultations. Le premier est que le télétravail a engendré des répercussions sur les corps des patients. En effet, les maisons n’étaient pas prêtes à devenir des lieux de travail. Les praticiens constatent par exemple que les bureaux sont peu ergonomiques  et engendrent  de nombreuses séquelles chez  des patients. 

Enfin, l’impact psychologique de la crise, que nous évoquions également dans notre précédent reportage, est de plus en plus remarqué. Le moral est en berne, la dépression, l’anxiété et le stress lié à l’incertitude du futur engendre de plus en plus de répercussions sur le corps. Cela pousse partout les patients à aller consulter les ostéopathes  sauf en Tunisie où le stress lié à un manque de moyens pousse les patients de Hafsa Chiheb a « éviter tout lieu en rapport avec le médical »… 

Un diagnostic ? Les systèmes sanitaires ont pris des mesures face à la crise de la COVID-19 qui tendent à limiter l’accès à l’ostéopathie dans une période ou elle a pourtant tout son rôle à jouer.  

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