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Football : le jeu de tête et commotions cérébrales

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Dans Neurology, des auteurs américains mettent en garde contre les têtes au football : l’impact du ballon peut être facteur de commotion cérébrale [1]. Ce risque est parfaitement connu pour des chocs accidentels, tels qu’en subissent les rugbymen, les joueurs de football américain, ou les footballeurs dans une moindre mesure.

Il n’avait cependant pas encore été identifié chez des amateurs, et surtout, pour un geste non accidentel, faisant partie du jeu. L’étude a été menée en Californie, et porte sur 222 footballeurs amateurs, dont 21% de footballeuses. Ils ont rempli un questionnaire sur les impacts à la tête, intentionnels ou non, subis durant les deux dernières semaines, ainsi qu’un questionnaire portant sur d’éventuels symptômes cérébraux suggestifs, tels que douleurs, vertiges, hébètement, et leur intensité (modérée, sévère ou très sévère).
On note au passage que le fait de rapporter à la fois un symptôme et une cause potentielle dans le même questionnaire, est une source de biais considérable – puisque quiconque présente le symptôme va avoir tendance à sur-rapporter la cause.
Toutefois, comme le soulignent un éditorial associé à l’article, les questions sur l’exposition précédaient celles sur les symptômes, dans un questionnaire rempli en ligne, et qui ne permettait pas de revenir en arrière.

De l’importance d’une tête bien faite

L’analyse montre que les joueurs ou joueuses rapportant le plus de têtes, signalent plus fréquemment des symptômes cérébraux. En deux semaines, 44 impacts ont été rapportés en moyenne par les hommes, et 27 par les femmes. On peut trouver le chiffre élevé : il correspond à une moyenne de trois entraînements et deux matchs.
Des chocs non intentionnels à la tête ont été rapportés par 37% des hommes et 43% des femmes. Enfin, des Symptômes suggestifs d’une commotion cérébrale ont été rapportés dans 20% des questionnaires. L’analyse montre que les joueurs ou joueuses rapportant le plus de têtes (quartile le plus élevé), signalent plus fréquemment des symptômes cérébraux (risque relatif : 3,17 ; IC95%[1,57-6,37]) – et ceci après ajustement pour les impacts non intentionnels.
S’agissant des impacts accidentels, l’association est également retrouvée, avec un risque relatif de symptômes cérébraux de 6,09 [3,33-11,17] parmi les joueurs ou joueuses déclarant au moins 2 impacts non intentionnels, et de 2,98 [1,69-5,26] lorsqu’un seul impact est rapporté – et ceci, après ajustement pour le nombre de têtes intentionnelles.

Pas d’impact de la musculature du cou

On note que des ajustements supplémentaires pour le diamètre du cou ne modifient pas les deux associations. L’idée a priori voulant que la musculature du cou amortisse l’impact et en limite les conséquences, n’est donc pas confirmée. Les jeunes qui multiplient les têtes parce que c’est spectaculaire, et pas toujours à bon escient, doivent être informés sur le risque et entrainés sur le geste.
Enfin, les hommes font certes plus de têtes que les femmes, mais l’association avec les symptômes ne diffère pas selon le sexe.
La conclusion des auteurs est que « les impacts intentionnels et non intentionnels à la tête sont indépendamment associés à des symptômes cérébraux allant de modérés à très sévères ». Il s’agissait d’amateurs. Le même résultat aurait-il été obtenu chez des professionnels, qui en principe savent faire une tête mais ont affaire à des tirs de ballons plus violents ?
En tout cas, la conclusion de l’entraineur sera que les jeunes qui multiplient les têtes parce que c’est spectaculaire, et pas toujours à bon escient, doivent être informés sur le risque et entrainés sur le geste.

Référence 
[1] Stewart WF, Namhee K, Ifrah CS et coll. Symptoms from repeated intentional and unintentional head impact in soccer players. Neurology ; publié en ligne le 1 février 2017 : doi: http:/ / dx. doi. org/ 10. 1212/ WNL. 0000000000003657

Source/ Medscape – 14 février 2017

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