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A pain in the ass : la gestion de la tendinopathie glutéale

La tendinopathie du moyen fessier et du petit fessier n’est pas toujours simple à accompagner. Heureusement, un article fait une synthèse sur le sujet. Un cadeau de Noël en avance. Suivez le guide !

Quelques rappels sur la pathologie

En général associé à une douleur latérale de hanche, il n’est pas rare de voir associée une sensibilité du grand trochanter. On peut trouver parfois une bursite et/ou des déchirures dans ces tendons. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés :

  • Sexe féminin (orientation du trochanter, angle du col fémoral avec le grand trochanter), ce facteur est associé avec une plus grande sévérité de la problématique et une prise en charge plus difficile mais ce facteur n’est pas causal,
  • Supérieur à 40 ans,
  • Fortement associée avec des antécédents de lombalgie (35%) dont la nature du lien est encore sujet à débat, la douleur latérale du bassin a d’autant plus de chance de durée si la douleur lombaire se prolonge. Bien que non précisé dans l’article, on peut supposer là un mécanisme de sensibilisation centrale.
  • L’IMC et la présence d’une graisse de distribution gynoïde plus abondante au niveau des hanches chez les patientes avec ce type de douleur. On peut supposer aussi ici une conséquence du rôle pro-inflammatoire du tissu adipeux.

Bien se rappeler qu’il faut penser à d’autres diagnostics différentiels et qu’il faut toujours rechercher des signes d’organicité (Horaire inflammatoire, AEG, etc…).

Concernant les possibles causes, il est envisagé un stress mécanique répété associé à un problème d’adaptation du muscle et du tendon à ce stress. Il est aussi possible que des contraintes de compression du tendon puissent aussi provoquer ces douleurs (C’est d’ailleurs là où le facteur précédent lié à certains paramètres de conformation du bassin vont jouer). Cela peut être aussi une combinaison de ces facteurs.

La clinique

Sur les tests orthopédiques disponibles, il apparait que l’appui unipodal sur la jambe douloureuse puisse être un des plus intéressants. La durée de tenue de la position est un signe très spécifique (0,94) mais peu sensible, l’inclinaison du bassin est très spécifique (0,77) et très sensible (0,73), enfin la douleur reproduite par la position est un signe très sensible (1) et très spécifique (0,93). La douleur à la dérotation latérale contre résistance est aussi un signe spécifique (0,97) et sensible (0,88). Le test de FABER est spécifique (0,9) et sensible (0,83) mais il faut nuancer le propos puisqu’il peut être positif aussi en cas de dysfonction sacro-iliaque, d’arthropathie de hanche et de lésion du labrum. Les autres tests sont en général assez déséquilibrés (soit très spécifique ou soit très sensible mais pas les deux en même temps).

Il peut être pertinent de considérer l’ensemble sous forme de cluster, afin de conforter l’assurance de l’étiologie de la douleur.

Principe de suivi et de prise en charge

Il est important de s’intéresser aux questions liées à la mise en charge progressive de la zone lors des conseils, notamment avec la question de l’exercice physique : Eviter une compression trop importante, remise en contrainte progressive du tendon.

L’usage de contraction isométrique (technique d’énergie musculaire) peut être envisagé dans le traitement pour aider à gérer la douleur aux vues de l’action antalgique de ce type de technique. Permettre d’augmenter le seuil mécanique de déclenchement de la douleur peut faciliter la reprise du quotidien pour la patiente. Un travail sur les sensations du patient au cours de mouvement et/ou de mobilisation est aussi une piste de traitement intéressante.

Message à retenir :

L’association de certains facteurs avec ces douleurs ont été mis en évidence sans qu’un lien de causalité ne soit démontré (sexe féminin, >40 ans, conformation particulière du bassin). De même les facteurs mécaniques en cause sont les mêmes que dans la plupart des tendinopathies (stress mécanique, compression du tendon) sans qu’il ne faille envisager que ces derniers dans la pathogénèse. Les tests les plus pertinents pour l’examen clinique sont l’appui unipodal, la dérotation latérale de hanche contre résistance, et le FABER. Sur la prise en charge, les conseils sur la mise en charge du tendon, les contractions isométriques, et le travail sur les sensations sont des pistes intéressantes de traitements.

Source :

Grimaldi A, Fearon A, Gluteal tendinopathy: integrating pathomechanics and clinical features in its management, JOSPT, 2015, 45(11): 910-922.

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